Vin de Pays des Côtes Catalanes

Et alors ? Ben oui, quoi, cela n’a rien d’extraordinaire. C’était Vendredi dernier, à l’heure du déjeuner. J’entrais dans mon petit restaurant favori du quartier de la Gare, à Perpignan, et je remarquais d’emblée, bien que de dos, un type à la carrure et la chevelure qui me sont familières. Oui, c’était bien lui ! Franck uline scrutait de son œil de sioux les détails d’une carte de vins très axée sur les vins du Sud avec quelques petites touches « natures » qui suscitaient chez notre critique national des grincements de dents et autres remarques acerbes faîtes à voix haute. Notre homme était chaperonné par Antoine Ruel, un gars en charge des relations publiques des Vins du Roussillon, lequel organisme avait visiblement pris en charge l’accueil, le déplacement et les visites du plus prestigieux des journalistes francophones du vin venu déguster nos trésors et fouler nos augustes terroirs…

Rassurez-vous ô lecteurs vénérés qui ne manquez jamais de défendre notre illustre plume du vin, en tapant par surprise sur l’épaule gauche de Franck, je n’avais nulle intention de relancer la petite polémique stérile mais instructive qui nous a opposés sur ces lignes ces derniers temps. En plus, j’avoue avoir outre passé ma retenue habituelle, car j’ai lâchement profité de sa présence pour lui faire goûter – ainsi qu’à Antoine  un peu de ce modeste mais croquant Vin de Pays des Côtes Catalanes à base de Carignan.

Bien sûr, en servant le verre, j’ai caché l’identité des auteurs du vin nommé. De toute façon,Franck n’a pas manifesté d’enthousiasme particulier en le goûtant, lui trouvant, sans en dire du mal, un goût plutôt rustique (si j’ai bien compris…) «auquel les gens d’ici sont trop habitués et dont il faut qu’ils se défassent». Un instant j’ai cru comprendre qu’il voulait nous attirer dans le piège du goût « convenable » et « conventionnel », mais j’ai préféré rejoindre mon compagnon de table jugeant que ce n’était pas le moment ni le lieu de rentrer dans une discussion à propos d’un petit vin goûté à la va-vite sur un coin de table. Pourtant, au fond de moi, je n’étais pas peu fier d’avoir pu et su irriguer les papilles d’un grand dégustateur avec une rasade de carignan servi frais !

Crédit photo avis-vin.lefigaro.fr

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